Hello. Je suis dans le train et je pense à Alain Bashung. Ce soir on joue à Carcassonne. J’ai raté mon train deux fois parce que j’avais vraiment envie d’assister à son enterrement. Il y aura mon père qui était ami avec Alain, Brad Scott que Bashung avait enrolé pour la tournée des Grands Espaces et plein d’amis connus ou inconnus venant célébrer le départ du bel homme.
J’avais très envie de lui dire merci et d’ailleurs, je lui dit merci, même si je suis tout seul dans le train. C’est étrange comme la mort de cet homme nous trouble. Pourtant ça faisait longtemps qu’il était comme une ombre, une présence diffuse, lointaine, amicale, énigmatique et surprenante. Quelqu’un qui se dévoile en s’effaçant.
Je suis rentré à l’intérieur de la chanson « La nuit je mens » car je vais la chanter lundi soir à l’Olympia avec ma petite sœur Izia la rockeuse.
C’est une sublime belle chanson. J’ai mis du temps à sentir son phrasé et à me l’approprier. Il y a rythmiquement une forme d’impeccabilité, une classe folle, une ouverture mélodique par le haut, de l’air, de la noblesse et du mystère.
J’ai beaucoup le trac à l’idée d’être traversé par la charge émotionnelle atomique cachée au cœur de cette chanson.
C’est drôle comme la mort donne envie de vivre. Comment quelqu’un qui s’absente devient de plus en plus présent.
Du coup, je sens toute cette énergie de vie bouillonner en moi, le feu déborde, le lac prend feu et logiquement, tous les glaciers de la Suisse intérieure commencent à fondre.
J’espère que je pourrais partager ce désir à l’Olympia lundi et ce soir à Carcassonne et à tous les concerts. Merci.