Chers Vous,
Voilà, je reviens parmi les vivants.
Mon silence sur ce blog est dû à la pratique intensive des montagnes russes.
Quand on joue aux jeux auxquels je joue on s’expose forcément à des hauts-haut et à des bas-bas.
Ce n’est d’ailleurs pas, malheureusement, le privilège des artistes puisque c’est ce que l’on nomme le lot commun.
Simplement, l’activité artistique est tellement saturée d’incertitude et de doutes qu’elle en devient une spécialiste redoutable dans la production des grands écarts. Ceci dit, tout va très
bien.
C’est la queue de la comète de la tournée de l’homme du monde. Patrick Goraguer a accouché ( aidé par sa femme ) d’un beau petit garçon, il a donc pris un congé paternel et nous avons un nouveau
batteur, Bruce Cherbit, qui tape fort et sensible. Grand Welcome aux deux !
Lors de concerts consacrés à Boris Vian, arrangé par Fred Pallem, j’ai eu le plaisir de rencontrer et de partager un poème avec Jean-Louis Trintignant. J’aime cet homme.Il dit la poésie comme
personne et j’ai sérieusement appris à son contact.
Après cette tournée très rock j’ai envie de retourner au monde de l’intimité.
Je ferai une tournée solo, cette fois-ci piano et guitare, au mois de mars prochain. Avec un passage d’une semaine au merveilleux théâtre des Bouffes du Nord à Paris et peut-être un disque.
Samuel Petit est un jeune réalisateur, il a déjà consacré un documentaire, dans lequel j’apparaissais, à mon ami, le roi de l’électro-bizarre, Rubin Steiner. Il a filmé quelques chansons
avec une technique nouvelle qui utilise des appareils photos à la place des caméras. Le grain de l’image est saisissant.
Voilà la première. La nuit je mens de feu le sublime Bashung. Les autres suivront chaque semaine.
Bon tout pour vous tous. Merci.
À bientôt sur la route.
Arthur.
Par ARTHUR H
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Hello. Je suis dans le train et je pense à Alain Bashung. Ce soir on joue à Carcassonne. J’ai raté mon train deux fois parce que j’avais vraiment envie d’assister à son enterrement. Il y aura mon
père qui était ami avec Alain, Brad Scott que Bashung avait enrolé pour la tournée des Grands Espaces et plein d’amis connus ou inconnus venant célébrer le départ du bel homme.
J’avais très envie de lui dire merci et d’ailleurs, je lui dit merci, même si je suis tout seul dans le train. C’est étrange comme la mort de cet homme nous
trouble. Pourtant ça faisait longtemps qu’il était comme une ombre, une présence diffuse, lointaine, amicale, énigmatique et surprenante. Quelqu’un qui se dévoile en s’effaçant.
Je suis rentré à l’intérieur de la chanson « La nuit je mens » car je vais la chanter lundi soir à l’Olympia avec ma petite
sœur Izia la rockeuse.
C’est une sublime belle chanson. J’ai mis du temps à sentir son phrasé et à me l’approprier. Il y a rythmiquement une forme
d’impeccabilité, une classe folle, une ouverture mélodique par le haut, de l’air, de la noblesse et du mystère.
J’ai beaucoup le trac à l’idée d’être traversé par la charge émotionnelle atomique cachée au cœur de cette chanson.
C’est drôle comme la mort donne envie de vivre. Comment quelqu’un qui s’absente devient de plus en plus présent.
Du coup, je sens toute cette énergie de vie bouillonner en moi, le feu déborde, le lac prend feu et logiquement, tous les glaciers de la
Suisse intérieure commencent à fondre.
J’espère que je pourrais partager ce désir à l’Olympia lundi et ce soir à Carcassonne et à tous les concerts. Merci.
Par ARTHUR H
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Merci mes amis. Nous sommes de retour dans l'arène, prêts à faire l'amour avec les taureaux, les vaches et quiconque en fait la demande (en 3 ex, tapés à la machine). Prendre l'éléphant par la
queue et le sortir du trou à souris dans lequel il est coincé, tel est mon but. La Bretagne c'était magnifique, merci pour le doux délire, la transe et la danse. La vie c'est du camembert chaud, de
la soupe à la groseille. Ne l'oublions pas.”
Par ARTHUR H
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