Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /Juil /2009 01:48

LE JOUR OU LA LUNE A MARCHÉ SUR L’HOMME

 

 

 La Lune est une splendide photo qu’un astrophysicien déséquilibré a punaisée dans le ciel.
 La Lune était donc plate, unidimensionnelle, ses mers sans profondeur, ses cratères sans déchirure, ses océans de sable  sans   mouvement, ses collines étaient des seins de transsexuel avant les premières injections d’hormone.
 
 L’astrophysicien était un expert en efficacité onirique. Il a révé la Lune en hologramme et la puissance du songe a  matérialisé  un volume surprenant. La lune a découvert l’épaisseur, la sensibilité de la peau, le trouble d’une rondeur  incarnée, le vertige  des strates, les ombres, les recoins cachés, la densité de la vie intérieure, l’obscurité d’une face qui fuit le Soleil et le réveil  brutal quand l’astéroïde la fracasse.

 

L’hologramme lunatique tournait autour de la Terre comme un homme tourne autour de la femme qu’il convoite. La Lune captait les ondes radios humaines et elle jouissait des myriades de chansons, de poèmes et de contes qui lui faisaient jouer un rôle essentiel.

Mais elle voulait plus.

Elle voulait la caresse de l’homme.

Alors, elle s’est souvenue des techniques de son créateur. Elle a rêvée la Nasa, elle a rêvée Aldrin et Armstrong. Elle a rêvée l’Amérique. Elle a inventé Kennedy, la guerre froide, Staline et Laïka la chienne soviétique propulsé dans l’espace par un satellite communiste.

Puis elle a attendu avec persévérance, patience et sensualité, la création matérielle de ses songes érotiques.

Les naïfs cosmonautes, ignorant tout du magnétisme sexuel qui les attirait vers la planète jaune, se posèrent, avec l’excitation d’un coléoptère qui s’approche de l’ampoule nocturne, sur la peau délicate de l’astre attentif.

La Lune connut son premier orgasme quand Aldrin planta le drapeau américain dans sa chair offerte. Elle jouissait également des milliards de regards qui se tournaient vers elle avec avidité et ravissement.

Cet afflux d’énergie dérangea le sommeil de l’astrophysicien déséquilibré. Il décida de rêver à autre chose, d’explorer d’autres créations, il cessa d’alimenter son rêve de Lune. Alors, la Lune disparut du ciel, laissant un nuage d’ombre dans le paysage éclatant d’étoiles, puis elle remonta docilement à sa source, l’océan primordial de toutes les potentialités.

Mais l’iris humain était tellement habitué à la vision familière qu’il n’accepta pas l’absence de l’objet d’adoration qui flottait depuis toujours dans son ciel primitif. Le cerveau global recréa le dessin exact de ce qu’il avait toujours connu et projeta dans l’espace l’image parfaite du cercle lunaire.

La différence entre le rêve de l’astrophysicien et l’hallucination collective étant nulle cela ne changea donc rien à rien, et vice-versa.

 

Albert H. Igelstein

 

Par ARTHUR H
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Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /Juil /2009 00:14

  Je suis seul dans mon appartement vide. Après le chaos du déménagement c’est bon de se sentir flotter dans un espace dépouillé de tout. Il est tard, un  orage ébranle tout l’immeuble et j’écoute de la sublime bonne musique, Tom Waits, Al Green et Bill Withers.             

  Dans son livre « Le combat du siècle » ou il relate le très fameux combat de boxe Ali-Foreman à Kinshasa en 1974, Norman Mailler essaie de comprendre son attirance pour Mohamed Ali et les noirs américains en général. En rentrant à New York il tombe sur un vieux livre écrit par un prêtre belge qui décrit l’essence des religions africaines. Il  comprend alors soudainement que,  dans les traditions noires, le monde est un champ de force ou on est constamment traversé par des énergies diverses. Ce qui compte c’est notre science, notre sensibilité, notre art à se rendre disponible ou non à certains courants de force. On a toujours le choix d’accepter, d’accueillir ou de rejeter ce qui passe à travers nous. On n’est pas amoureux, on est traversé par l’Amour, ou par la Joie, le Sexe, la Mélancolie ou quoi que  ce soit. D’ou l’importance de la magie, qui est un rituel symbolique potentiellement précis pour appeler les forces désirées. A partir du moment où on y croit avec son cœur et son ventre, il y a quelques chances que la chose voulue apparaisse. Ce qui pose la question de l’abandon et de la responsabilité, du choix et de la disponibilité, qui ne sont peut-être contradictoires qu’en apparence. Je choisis de m’abandonner, de provoquer une situation dans laquelle je vais perdre le contrôle. C’est ce genre qui paradoxe que j’adore pratiquer en jouant et en chantant de la musique sur scène.  C’est une mentalité animiste dont je me sens assez proche.

  L’orage est passé, la rue est étincelante. J’arrête la musique, je prends ma guitare (surtout ne pas allumer la lumière) et je pense à toutes les forces qui m’ont traversé cette semaine.

  C’était délicieux de chanter avec Jane Birkin «  Madame rêve » de Bashung pour les 25 ans des Francofolies. Spécialement l’heure ou on a répété tous les deux dans sa loge. Je jouais les quatre accords de la chanson en boucle et à la fin elle me disait « encore » et ça repartait. Dans les pauses je lui demandais quelques secrets de composition et d’inspiration de Serge Gainsbourg. Elle me répondait précisément et gentiment. Si j’étais Africain, je pourrais dire que j’ai été visité par deux grands fantômes. Aux grands hommes la patrie reconnaissante !

  (Un peu plus tôt dans la soirée, on a donné un concert sur la grande scène. Ce n’était pas évident de jouer à 19h20 en plein soleil, devant un public venu en grande partie pour Tryo et pas encore chauffé à bloc. Heureusement je suis entouré une équipe de choc, Nicolas, Jérôme, Bettina, et Bruce. Notre côté guerrier a été excité et on a finalement pu faire sonner notre orchestre de rock ‘n roll futuriste. Le lendemain, rebelote avec Fred Pallem et Boris Vian. Je vous passerai bientôt le poème de Vian « Chatterie » que j’ai lu avec Jean-Louis Trintignant. C’est une jolie merveille. Merci en tous cas, aux Francos et aux gars de Tryo pour avoir provoqué ces sensibles rencontres.

  En parlant de belles rencontres, j’ai la chance d’avoir un nouveau manager, Richard Gamba. Il est toujours à fond, sur le coup, plein d’énergie et d’idées et on rigole bien ensemble. Il a fait depuis dix ans un travail incroyable sur le groupe de death-metal Gojira, un groupe français qui cartonne sur toute la planète.
Je ne les connaissais pas, mais c’est  magnifique sur scène et sur disque, une musique lyrique et puissante. Du coup, je me mets un peu au death-metal,  mais très progressivement car je suis encore très attaché à Annie Cordy et Jim Morrison !

  Voilà une nouvelle vidéo de Samuel Petit. L’abondance, comme quoi la crise peut provoquer aussi bien des faillites que des chansons.

  C’est bon de ne rien faire dans un appartement désert, du coup, avec une guitare jouet,  je trouve des bonnes idées de musiques que j’enregistre sur mon téléphone. Surtout ne pas allumer la lumière, celle des réverbères de la rue suffit amplement. Je me sens complètement vide et complètement plein. C’est bon et c’est ce que je vous souhaite cordialement. Merci.

 

Par ARTHUR H
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Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /Juil /2009 15:34
Chers Vous,

Voilà, je reviens parmi les vivants.
Mon silence sur ce blog est dû à la pratique intensive des montagnes russes.
Quand on joue aux jeux auxquels je joue on s’expose forcément à des hauts-haut et à des bas-bas. 
Ce n’est d’ailleurs pas, malheureusement, le privilège des artistes puisque c’est ce que l’on nomme le lot commun. 
Simplement, l’activité artistique est tellement saturée d’incertitude et de doutes qu’elle en devient une spécialiste redoutable dans la production des grands écarts. Ceci dit, tout va très bien.
 
C’est la queue de la comète de la tournée de l’homme du monde. Patrick Goraguer a accouché ( aidé par sa femme ) d’un beau petit garçon, il a donc pris un congé paternel et nous avons un nouveau batteur, Bruce Cherbit, qui tape fort et sensible. Grand Welcome aux deux !

Lors de concerts consacrés à Boris Vian, arrangé par Fred Pallem, j’ai eu le plaisir de rencontrer et de partager un poème avec Jean-Louis Trintignant. J’aime cet homme.Il dit la poésie comme personne et j’ai sérieusement appris à son contact.
 
Après cette tournée très rock j’ai envie de retourner au monde de l’intimité. 
Je ferai une tournée solo, cette fois-ci piano et guitare, au mois de mars prochain. Avec un passage d’une semaine au merveilleux théâtre des Bouffes du Nord à Paris et peut-être un disque.

Samuel Petit est un jeune réalisateur, il a déjà consacré un documentaire, dans lequel j’apparaissais, à mon ami, le roi de l’électro-bizarre, Rubin Steiner. Il a filmé quelques chansons avec une technique nouvelle qui utilise des appareils photos à la place des caméras. Le grain de l’image est saisissant. 

Voilà la première. La nuit je mens de feu le sublime Bashung. Les autres suivront chaque semaine.
 
Bon tout pour vous tous. Merci.
À bientôt sur la route.

Arthur.

 

 

Par ARTHUR H
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Dimanche 22 mars 2009 7 22 /03 /Mars /2009 21:34

Hello. Je suis dans le train et je pense à Alain Bashung. Ce soir on joue à Carcassonne. J’ai raté mon train deux fois parce que j’avais vraiment envie d’assister à son enterrement. Il y aura mon père qui était ami avec Alain, Brad Scott que Bashung avait enrolé pour la tournée des Grands Espaces et plein d’amis connus ou inconnus venant célébrer le départ du bel homme.

     J’avais très envie de lui dire merci et d’ailleurs, je lui dit merci, même si je suis tout seul dans le train. C’est étrange comme la mort de cet homme nous trouble. Pourtant ça faisait longtemps qu’il était comme une ombre, une présence diffuse, lointaine, amicale, énigmatique et surprenante. Quelqu’un qui se dévoile en s’effaçant.

         Je suis rentré à l’intérieur de la chanson « La nuit je mens » car je vais la chanter lundi soir à l’Olympia avec ma petite sœur Izia la rockeuse.

         C’est une sublime belle chanson. J’ai mis du temps à sentir son phrasé et à me l’approprier. Il y a rythmiquement une forme d’impeccabilité, une classe folle, une ouverture mélodique par le haut, de l’air, de la noblesse et du mystère.

       J’ai beaucoup le trac à l’idée d’être traversé par la charge émotionnelle atomique cachée au cœur de cette chanson.

       C’est drôle comme la mort donne envie de vivre. Comment quelqu’un qui s’absente devient de plus en plus présent.

        Du coup, je sens toute cette énergie de vie bouillonner en moi, le feu déborde, le lac prend feu et logiquement, tous les glaciers de la Suisse intérieure commencent à fondre.

       J’espère que je pourrais partager ce désir à l’Olympia lundi et ce soir à Carcassonne et à tous les concerts. Merci.

Par ARTHUR H
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Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /Mars /2009 18:08
Par ARTHUR H
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